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- Culte d’Entraide : Allons à la Source

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Bienvenus à vous toutes et tous qui êtes rassemblés ce matin. Vous êtes chez vous ici au Temple protestant de Levallois, soyez assis confortablement, déposez votre agitation, oubliez vos soucis ! Dieu est présent, au milieu de nous. C’est lui qui nous accueille. Il trace un chemin devant nos pas, il nous ouvre un avenir, il promet une espérance. Ce matin ensemble, nous voulons le chercher du tréfond de nos cœurs, le prier, l’interroger à travers nos missions d’entraide, la symbolique de l’eau vive et de la récolte. Que le Seigneur inspire et bénisse notre culte de ce jour.
Aline annonce le spontané
Débout Spontané : All 35/19 Pour que le jour qui se lève
- Pour que le jour qui se lève soit plus beau, pour que le ciel de nos rêves soit plus chaud. Et pour que la joie qui chante soit toujours dans notre vie, O Seigneur, donne-nous ton esprit, ton esprit d’amour.
- Pour que nos coeurs qui te cherchent soient plus forts, pour que la paix soit aux creux de nos efforts et pour que nos voix te chantent le merci de chaque jour, O Seigneur, donne nous ton esprit, ton esprit d’amour.
Animation et introduction dans le sujet : eau vive

DEBOUT PRIERE DE LOUANGE
Paul Valery / Louanges de l’Eau
Plus d’un chanta le VIN.
Le VIN très précieux mérite ces louanges. Mais quelle ingratitude et quelle grande erreur chez ceux qui blasphémèrent l’EAU !…
Divine lucidité, Roche transparente, merveilleux Agent de vie, EAU universelle, je t’offrirais volontiers l’hommage de litanies infinies.
Je dirai l’EAU tranquille, luxe suprême des sites, où elle tend des nappes de calme absolu. Là, toute la nature se fait Narcisse, et s’aime…
L’EAU MOUVANTE, qui par douceur et violence, travaille et diversifie, sculpte et décore la figure morne et brutale du sol dur.
L’EAU MULTIFORME habite les nuées et comble les abîmes ; elle se pose en neige sur les cimes au soleil ; et suivant des chemins qu’elle sait, descend invinciblement vers la mer, sa plus grande quantité.
Elle entraîne avec soi des bribes d’atomes, des éléments d’énergie pure, des bulles de gaz souterrains, et parfois la chaleur intime de la terre.
Elle surgit enfin, imprégnée des trésors de sa course, offerte aux besoins de la Vie.
Comment ne pas vénérer cet élément essentiel de toute VIE ?
Considérez une plante, admirez un grand arbre, et voyez en esprit que ce n’est qu’un fleuve dressé qui s’épanche dans l’air du ciel. L’eau s’avance par l’arbre à la rencontre de la lumière.
Où l’EAU existe, l’homme se fixe.
Être altéré, c’est devenir autre : se corrompre. Il faut donc se désaltérer, redevenir, avoir recours à ce qu’exige tout ce qui vit.
DEBOUT Cantique 1 36/24, 1.2.3.4. Tous unis dans l’Esprit (p. 522)
ASSIS A L’ÉCOUTE DE LA VOLONTÉ DE DIEU
Mettons-nous à l’écoute de la volonté de Dieu. « Ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence, afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait. » (Romains 12.2)
Seigneur notre Dieu, ta parole nous invite à être transformés par ton esprit et ton amour. Apprends-nous à ouvrir notre cœur afin que ton évangile ne soit pas posé à la surface de notre personne mais qu’il pénètre, comme une eau vive, au plus profond de notre être.
ASSIS RECONNAISSANCE DE NOS LIMITES
Seigneur, Notre Dieu,
Nous voudrions nous tenir devant toi, venir chaque jour jusqu’à toi. Mais au contraire, déjà épuisés, comme sans force, et sans résistance ; nous nous laissons porter par le cours de nos vies, le flot inquiétant de notre présent. Déplacés, emportés ; jusqu’à parfois nous sentir submergés ; nos vies semblent comme nous échapper et nous déposer là : loin de toi, et de ta parole.
Et, plutôt que de laisser venir jusqu’à nous, l’écho de ton verbe, le don de ton amour; nous nous replions dans le vacarme de nos vies. Et, pour couvrir notre fragilité, celle que nous t’avons refusée ; nous nous enveloppons dans nos propres souffrances ; au creux de cette houle quotidienne.
Pourtant Seigneur, nous voudrions t’entendre et nous souvenir de ce monde promis, qui fût déjà le nôtre avant la Création. C’est bien là qu’un fleuve sortait d’Eden pour irriguer le jardin et où s’épanouissait l’Arbre de vie. Mais qu’avons-nous fait de ce don, que nous avions alors en partage ? Qu’avons-nous fait de ta parole qui nourrissait la vie ?
Cette source de vie, cette force, ta présence, nous avons voulu la faire nôtre et la conserver, jalousement, égoïstement. Et c’est à elle que nous nous sommes abreuvés jusqu’au dégoût ; oubliant notre frère, notre sœur; et l’autre – notre prochain – qui nous faisait face et nous regardait : nu et assoiffé.
Par nos efforts vains, par nos actions prédatrices, nous avons fait de ce monde, non le lieu du témoignage de ta grâce, mais un espace de séparation et de luttes pour la vie. En détournant le cours de ta parole, en tarissant la source de ton verbe ; nous avons rejeté notre frère, notre sœur : ne lui laissant que cette eau usagée, polluée et dont la vie était désormais comme absente. Jusqu’à faire de notre demeure commune, la Terre, un lieu voué au désert.
Mais Seigneur, malgré nos peurs et nos divisions, nous savons qu’il n’est pas trop tard pour t’entendre de nouveau ; et avec modestie, se mettre à ton écoute. Car nous savons que tu nous invites toutes et tous à nous retrouver auprès de ton verbe, source de vie. Et, ainsi rassemblés et vivifiés, à nous aventurer dans le monde, pour en faire un lieu de paix et d’amour.
ASSIS Spontané : All 43/04 Seigneur, reçois, Seigneur, pardonne
- Seigneur, reçois, Seigneur, pardonne, notre misère et nos péchés. Et ce pardon que tu nous donnes, enseigne nous sà le donner. O mon Seigneur, mon Dieu, mon Roi, aie pitié, aie pitié de moi.
- Quand le grandeur de nos offenses écarterait tous les soutiens, je ne pourrais, pour ma défense, que prononcer un nom: le tien. O mon Seigneur, mon Dieu, mon Roi, aie pitié, aie pitié de moi.
ANNONCE DE LA GRÂCE
Dieu nous a aimés le premier. Il nous pardonne en Jésus-Christ et nous libère de tout ce qui nous empêche de vivre et d’aimer. Cela s’appelle la grâce. Son amour est gratuit pour chacun d’entre nous. Nous tous qui sommes rassemblés ici ce matin avons des origines, des histoires et des cheminements différents, comme les innombrables méandres d’un fleuve. Mais à chacune et à chacun d’entre nous, Dieu dit : tu es enfant de mon amour, tu es la fille, le fils de ma bienveillance. Que cette annonce nous relève !
DEBOUT Spontané : All 45/24 La grâce et la joie
- La grâce et joie, surprise, émoi, salut pour moi, pécheur! Enfant perdu, aimé pourtant, aveugle enfin je vois !
- Seigneur, tu m’as promis la paix, ta droite me soutient. Tu es ma force et mon secours tout au long de mes jours.
PRIERE AVANT LES LECTURES
Avant d’écouter les lectures, je vous invite à la méditation et à la prière.
Lorsque Agar est renvoyée par Abraham, elle est exilée dans le désert. Quand elle n’a plus d’eau, elle pose son enfant sous un arbre, puis elle va s’asseoir à distance pour ne pas voir son fils mourir. Un ange appel Agar et lui dit : Ne crains pas, car Dieu a entendu la voix de ton garçon. Puis il ouvre les yeux et aperçoit un puits avec de l’eau (Genèse, 21, 14-19).
Je vous invite à la prière : Seigneur nous avons soif. Soif de paroles, soif de vie. Soif d’Evangile, soif d’esprit. Loin de toi, notre vie s’assèche. Nous tendons les mains pour recevoir ton évangile, nous déposons nos vies pour accueillir ta grâce. Donne-nous de d’accueillir ta parole comme Agar aperçoit un puits alors qu’elle languit dans un désert, et que ton esprit descende sur nous comme une ondée. Amen
LECTURES BIBLIQUES
Ezechiel 47, 1-12
1L’homme me ramena à l’entrée du temple. Je vis alors que de l’eau jaillissait de dessous l’entrée vers l’est ; la façade du temple était en effet orientée à l’est. L’eau s’écoulait du côté sud du temple, puis passait au sud de l’autel. 2L’homme me fit sortir du temple par le porche nord et m’en fit contourner l’extérieur jusqu’au porche oriental. L’eau s’écoulait au sud de ce porche. 3Il s’avança vers l’est ; il tenait un cordeau à la main avec lequel il compta 1 000 mesures dans cette direction. Il me fit traverser l’eau : elle m’arrivait aux chevilles. 4Il compta encore 1 000 mesures et me fit traverser l’eau : elle m’arrivait aux genoux. Au bout des 1 000 mesures suivantes, il me fit de nouveau traverser l’eau : cette fois-ci, elle m’arrivait à la taille. 5Il compta encore 1 000 mesures, mais je ne pouvais plus traverser, car l’eau était si profonde qu’il fallait nager. C’était devenu un torrent infranchissable. 6Il me dit : « As-tu bien regardé, toi, fils d’Adam ? » Il m’emmena un moment à l’écart puis me ramena au bord du torrent. 7Je constatai alors qu’il y avait de très nombreux arbres sur chaque rive. 8L’homme me dit : « Ce torrent se dirige vers l’est du pays, il descend la vallée du Jourdain et débouche dans la mer Morte. Lorsqu’il parvient à la mer, il en renouvelle l’eau, qui devient saine. 9Des êtres de toute espèce se mettront à grouiller et les poissons se multiplieront partout où le torrent arrivera. Il assainira la mer et, là où il se déversera, il apportera avec lui la vie. 10Alors, depuis EnGuédi jusqu’à En-Églaïm, partout il y aura des pêcheurs qui mettront leurs filets à sécher sur les bords de la mer. On y trouvera un aussi grand nombre d’espèces de poissons que dans la mer Méditerranée. 11Cependant les marais et les lagunes de son littoral ne seront pas assainis, on les gardera comme réserves de sel. 12Sur chaque rive du torrent, des arbres fruitiers de toutes sortes pousseront. Leur feuillage ne se flétrira jamais et ils produiront sans cesse des fruits. Ils donneront chaque mois une nouvelle récolte, car ils sont arrosés par l’eau provenant du sanctuaire. Leurs fruits serviront de nourriture et leurs feuilles de remède.
Apocalypse 22, 1-7
1L’ange me montra aussi le fleuve d’eau de la vie, brillant comme du cristal, qui jaillissait du trône de Dieu et de l’agneau, 2et coulait au milieu de la place de la ville. De chaque côté du fleuve se trouve l’arbre de la vie, qui donne des fruits douze fois par année, une fois chaque mois. Ses feuilles servent à la guérison des peuples. 3Il ne s’y trouvera plus rien qui soit frappé par la malédiction de Dieu.
Le trône de Dieu et de l’agneau sera dans la ville, et les serviteurs de Dieu l’adoreront. 4Ils verront sa face, et son nom sera inscrit sur leurs fronts. 5Il n’y aura plus de nuit, et ils n’auront besoin ni de la lumière d’une lampe, ni de celle du soleil, parce que le Seigneur Dieu répandra sur eux sa lumière. Et ils régneront pour toujours. 6Puis l’ange me dit : « Ces paroles sont vraies et dignes de confiance. Et le Seigneur Dieu, qui inspire les prophètes, a envoyé son ange pour montrer à ses serviteurs ce qui doit arriver bientôt. »
7« Écoute, dit Jésus, je viens bientôt ! Heureux ceux qui gardent attentivement les paroles prophétiques de ce livre ! »
ASSIS Spontané : All 25 Dieu d’amour, tu fais connaître
Dieu d’amour, tu fais connaitre au plus humble tes secrets; et pour lui tu es un maitre qui te plais à l’enseigner.
Ta parole est un appui, le bonheur son héritage, et ses enfants comme lui auront la terre en partage.
PREDICATION Aline et Pierre

L’Entraide : Soyons des porteurs d’eau !
Pierre :
Plusieurs éléments nous réunissent ce matin :
– Les textes que nous avons écoutés : Ezéchiel 47.1-12, Apocalyspe
– Le thème de l’eau
– L’Entraide
– Les baptêmes
– Le culte des récoltes
Existe-t-il un lien entre toutes ces propositions ?
• Nous pouvons tout simplement nous laisser voguer et nous arrêter sur ce qui fait sens et éclaire notre chemin collectif et individuel.
• Nous pouvons alors regarder notre action quotidienne sous un éclairage nouveau, lui reconnaître une dimension autre que celle d’être simplement disponible, de donner, d’écouter en tant que bénévole par exemple.
• Pour ce faire je vous propose de nous arrêter sur le texte d’Ezéchiel et d’y voir ce qui peut répondre à nos interrogations :
Aline :
Un peu de contexte,
Ézéchiel est un prêtre et prophète de l’Ancien Testament, qui a vécu au VIᵉ siècle avant Jésus-Christ, pendant l’exil des Israélites à Babylone. Son texte a été écrit à un moment où le peuple d’Israël allait mal. Très mal, même. Le temple est détruit, le peuple est en exil, les repères se sont effondrés. En clair comme disent les ados, c’est la cata ! Le désespoir est total, tout semble perdu. (…)
C’est pourtant justement dans ce contexte que le texte d’Ezéchiel prend toute sa force et nous ouvre une puissante perspective depuis la fenêtre de l’Entraide. (…)
Le premier enseignement, celui qui nous saute évidemment aux yeux : l’eau dont il est question n’est pas un décor de cinéma, elle a une fonction : apporter la vie, faire vivre, là où elle coule, elle restaure, elle répare, elle féconde, tout est vie. Si on voulait une formule publicitaire, elle est toute trouvée : « Ré-hydrater c’est ré-enchanter ! »
Pierre :
Un filet d’eau jaillit de sous le Temple, un simple filet d’eau qui poursuit son chemin grossissant au fil des coudées en générant la vie.
Les arbres fruitiers croissent, les cultures poussent et les poissons abondent dans les rivières.
Cette œuvre de création qui nous est révélée est une incitation à faire confiance et à nous accrocher à l’Espérance :
Je cite Ezéchiel :
« Cette eau s’en va vers le district oriental et descend dans la Araba (les Ecriture hébraïques parlent de mer de sel ou de l’Est, c’est aussi celle que nous appelons la mer morte là ou il n’y a pas de vie): elle pénètre dans la mer ; quand elle s’est jetée dans la mer, les eaux sont assainies ».
« Et alors tous les êtres vivants qui fourmillent vivront partout où pénétrera le torrent. Ainsi le poisson sera très abondant, car cette eau arrivera là et les eaux de la mer seront assainies : il y aura la vie partout où pénétrera le torrent ». Fin de citation
Il nous est proposé une approche de la vie humaine respectueuse de sa fragilité.
L’eau qui sort du Temple parle d’un Dieu qui donne non d’un Dieu qui prend, ni d’un Dieu qui retient mais d’un Dieu qui donne la grâce, la joie, la vie, l’esprit, la parole : Le Christ et la sagesse pour un monde à venir et pour la vie à venir.
Aline :
On ne peut s’empêcher de faire le parallèle avec nos actions à l’Entraide. Parfois nous rencontrons des situations difficiles, parfois nous avons du mal à accompagner les différentes détresses physiques ou morales rencontrées ; parfois rien ne va, pour nous-même, pour les autres. Bref, que faire quand tout semble littéralement sec et sans avenir ? Et là, Dieu donne une vision, annonce une grâce truculente qui nous est donnée et dont la matérialisation symbolique dans la vision d’Ezéchiel peut surprendre de réalisme. (…)
Combien de fois nous est-il arrivé à l’Entraide de nous retrouver face à une situation, à première vue, totalement bloquée, sans solution ou issue possible ? Nous avons eu beau réfléchir, faire de multiples démarches, chercher de l’aide ou tenter de reprendre le contrôle des événements. Nos capacités humaines atteignent leurs limites et le contrôle humain ne peut parfois rien changer. Les chrétiens, armés de leur bible et de leur foi, et animés par l’Esprit Saint (faut pas l’oublier celui-là), ont la conviction de pouvoir déplacer les montagnes (et sans tour de rein !). Qu’en est-il des autres ? N’ont-ils pas ce même objectif ? Sont-ils susceptibles d’y arriver ? En prenant comme inspiration le fleuve d’Ezéchiel : on peut risquer une réponse affirmative. De quelle manière ? En commençant tout simplement petit à petit, par bouger les petites pierres. (…)
A l’instar de ce filet d’eau sous le temple, cette eau de la vie qui va arroser les situations desséchées, notre action à l’Entraide commence par un petit geste concret de fraternité, qui redonne force. C’est un point fondamental, car dans nos existences malmenées par la pauvreté, la précarité, l’isolement ou la maladie, un geste, un mot, un sourire, une main sur l’épaule peut relancer la vie. Très souvent, face à nos sœurs et frères en difficulté, avant de parler de grandes espérances, il nous faut d’abord redonner un peu d’eau, un peu de pain, un peu de chaleur humaine, un peu de dignité et d’estime de soi. C’est un indispensable qui ne nécessite pas d’avoir une bible, ni une foi déclarée pour cela. Car être chrétien ne signifie pas automatiquement qu’on fera mieux que les autres, même si cela nous porte.
Pierre :
Regardons autour de nous, observons combien l’eau peut-être vivifiante et source de vie ou au contraire indomptable et destructrice.
Avez- vous remarqué comment après ces épisodes caniculaires estivaux les quelques jours de pluie récents ont fait reverdir subitement les jardins.
Les frêles dahlias, les cosmos gringalets, les sauges jaunissantes et autres fleurs en attente et pleines d’espérance se sont précipités pour éclore, comme par miracle.
Cependant, dans le même temps les glaciers se sont déchainés au Népal et au Tibet emportant avec eux villages, et habitants.
Des tempêtes se formaient engloutissant les fragiles embarcations voguant sur les flots vers un meilleur avenir.
L’abondance parfois peut étouffer et annihiler l’effet salvateur recherché.
Alors, quelle est la juste mesure, comment doser ce qui est nécessaire au développement et ce qui est nuisible, destructeur ?
N’est-ce pas la question à nous poser dans le cadre de nos actions au sein de l’Entraide ?
Aline :
Et tout est dans la dose ! On commence petit, avec peu. Il faut noter que le fleuve d’Ézéchiel ne commence pas comme un déferlement d’eau spectaculaire comme peuvent l’être les puissants cours d’eau. On en est même très loin ! C’est une source d’eau qui jaillit, un peu d’eau « qui arrive aux chevilles », qu’on pourrait minimiser. Le fameux torrent en devenir provient d’une source timide. Une source vraiment discrète. Et pourtant toute l’espérance est déjà incarnée là dans ce filet d’eau que l’on pourrait ne pas remarquer.
Et pourtant elle peut avoir de l’ampleur pour la personne aidée.
(…)
Aujourd’hui encore, on a parfois l’impression que ce qu’on fait est modeste, tant la pauvreté augmente dans notre pays, tant les chiffres sont inquiétants : en 2026, le taux de pauvreté s’établit à 15,4% de la population, soit 9,8 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté. Ce taux est le plus élevé depuis…1996 !
Nous ici, dons notre minuscule oasis de fraternité à Levallois, on distribue des vêtements, on offre des repas, on propose des chèques alimentaires, de l’accompagnement administratif, on soutient un peu ici et là, par petites touches.
Mais à bien y regarder, toutes ces petites pierres ce sont des montagnes en déplacement, ce petit filet d’actions auquel nous sommes tous invités à prendre part, peut devenir un fleuve, et, dans les mains de Dieu, gardons en tête que ce qui semble petit peut devenir immense.
(…)
Là où tout semble mort, stérile ou terminé, il peut faire jaillir la vie tous les jours, au travers de toutes ces petites actions bienveillantes, impromptues, inattendues, de ces innombrables personnes, parfois anonymes, qui servent consciemment ou non le dessein de Dieu, qu’elles soient chrétiennes ou non.
Nous avons beaucoup d’exemple :
• un agent préfectoral qui contacte l’entraide afin d’avoir confirmation du rdv d’un bénéficiaire étourdi ayant égaré sa convocation le jour du retrait de sa carte de résident (chose rarissime !),
• un don de linge adéquat pile au moment où celui-ci est en demande par une personne précaire.
• Il y a un an, nous étions au fond du trou car notre collecteur textile avait « déposé le bilan ». Qu’allions-faire des tonnes de linge non-réutilisés à l’entraide ? Nous sommes passés par tous les états…Un an après, le fleuve de vie d’Ezechiel est passé par là, nous avons trouvé deux repreneurs, très sympathiques et fidèles, et ce grâce à une bouteille lancée à la mer, sans trop y croire.
• Il y a 2-3 ans un stock entier de chaussures pour enfants, neuf, nous a été dérobé nous faisant désespérer de la nature humaine, mais nous avons miraculeusement eu un afflux de dons de chaussures qui a remplacé celui-ci.
Ainsi, même lorsque nos certitudes s’effondrent et que nos moyens humains ne suffisent plus, nous pouvons garder confiance : Dieu agit parfois dans le silence, au cœur même de l’impossible. (…) Les rives en deviennent fertiles, les arbres donnent du fruit, et même leurs feuilles servent à soigner. Ce qui nous apparaît comme une fin peut devenir le commencement d’une réalité nouvelle.
Et c’est l’une des images qui peut nous aider à comprendre la manière dont nous avons à exercer notre service d’Entraide.
Pierre :
Quelqu’un a dit « Chaque croyant qui vit une relation avec Dieu est un point d’eau pour ce monde ». Alors quel point d’eau sommes- nous ?
Comment apportons-nous l’amour qui nous est donné ?
Chacun peut trouver une réponse à cette question, réponse qui peut varier en fonction des moments traversés.
Je vous propose ce qu’en dit le pasteur Didier Heller :
La première possibilité,
C’est de se comparer à un puits !
Le puits, est une réserve d’eau. Il y a quelque chose de généreux dans le puits, celui ou celle qui est un puits est quelqu’un qui va s’offrir aux autres quand ils en ont besoin.
Le puits ne donne pas beaucoup à la fois, mais il est constant, presque intarissable
La deuxième possibilité
C’est d’être comme un étang ! L’étang se remplit uniquement avec de l’eau de pluie.
Être un étang, c’est attendre que l’amour nous soit donné un peu au hasard des rencontres.
Des fois ça vient, des fois ça ne vient pas. Quand ça vient, on se sent tout heureux tout rempli. S’il y a une longue période sans rencontre alors on s’assèche petit à petit.
La troisième possibilité,
C’est d’être… glacier. En général, si on est un glacier, c’est qu’on est un peu froid et distant, mais on est solide !
L’amour qu’on reçoit ou qu’on a reçu, on le fige directement, on le garde précieusement, sauf si quelqu’un de chaleureux croise notre route, alors notre glace commence à fondre.
Le glacier, est une grande réserve d’amour, mais une réserve qui irrigue et ne nourrit son entourage qu’au compte-goutte.
Il nous arrive à tous d’être plus ou moins des glaciers à certains moments de notre vie….
La quatrième possibilité,
C’est le lac. La différence entre le lac et l’étang, est la quantité d’eau. et l’approvisionnement constant comme autant de petites rivières qui vont venir l’alimenter en contacts, en amitiés Celui qui est lac, est quelqu’un qui reçoit beaucoup, et donne beaucoup (…)
Aline :
Et moi je dirais l’Entraide, au travers de ses actions n’est pas le fleuve qui irrigue, ni le puit, ni le lac ou l’étang mais l’Entraide est cette congrégation de porteurs d’eau qui alimentent des canaux d’irrigation par lesquels l’eau de la vie va se répandre, par lesquels la grâce et les bénédictions de Dieu vont cheminer.
Un réseau d’irrigation qui nécessite un apport d’eau, à adapter au quotidien.
Il faut également, selon les circonstances choisir la bonne irrigation (de surface, par aspersion ou goutte à goutte) et les bénévoles que nous sommes avons tous les jours à améliorer notre « science » en la matière. Un peu comme ces femmes et enfants dans des villages reculés du monde sans eau potable, qui ont la lourde tâche de choisir le bon récipient pour aller puiser l’eau à la rivière ou au puits pour subvenir aux besoins vitaux de leurs familles (boire, se laver, cuisiner, laver le linge). Pour ceux qui se sont risqués à l’exercice de porter une bassine d’eau (en équilibre) sur la tête, l’expérience dit « porter l’eau implique que l’on sera mouillé, d’une façon ou d’une autre ».
Notre service d’Entraide transforme donc les personnes qui servent, autant que celles qui reçoivent. C’est ainsi qu’un vêtement n’est pas seulement un vêtement, un gel douche n’est pas seulement un simple savon, un chèque alimentaire n’est pas seulement un bout de papier, c’est geste de vie, un geste d’irrigation, pour tenter de rendre féconde une situation aride.
Cela nous enjoint à nous interroger au-delà de notre action à l’Entraide : à quel moment sommes-nous ces porteurs d’eau, en tant qu’individus ou collectif, avons-nous les canaux et systèmes d’irrigation pour notre prochain, pour notre société en manque d’eau et de lien et qui se recroqueville de jour en jour ? Il faut s’y pencher. (….)
Pierre :
Oui, ayons un regard sur l’état du monde et de sa sauvegarde.
La vision d’Ezéchiel peut nous faire prendre conscience de la place et de la responsabilité que nous avons en tant que chrétien dans les questions écologiques.
« L’avenir n’est pas pour demain, il est déjà là » (Apocalyspe)
Nous ne pouvons en faire l’impasse.
S’abstenir pour se protéger nous fait courir un plus grand risque.
Il y a des signes qui montrent que l’eau vive coule en abondance. Nous pouvons les mesurer dans les initiatives de fraternité, d’hospitalité, de gestion collective, de mutualisation de service, de prise en charge des personnes vulnérables ou d’expériences dans le cadre d’une agriculture respectueuse de l’environnement. Il est vrai que le chemin est long et semé d’embuches. Les freins à ces projets sont souvent d’ordre politiques, économiques ou d’ordre mondial.
Il ne s’agit pas de s’auto-flageller ou de penser que rien ne va. Reconnaissons simplement la valeur de ce que nous faisons.
Soyons persuadés que si nous sommes là, c’est que nous avons une tâche collective à mener et que celle-ci doit s’enrichir de nos réflexions, de nos doutes, de nos convictions, de nos échecs et de nos réussites.
Aline :
Chers Sœurs, Chers frères, la mission d’Entraide, la mission de nous tous, n’est pas une activité de surface. Avec elle nous sommes immergés à la fois dans la souffrance du monde, mais aussi dans la joie de servir. Elle nous plonge également dans un mystère, celui de la vie. A nous qui, au quotidien, tentons d’aider celles et ceux qui souffrent et qui comptent sur notre présence, la parole d’Ezéchiel est extraordinairement proche de nous.
Nous y retrouvons un parcours d’humilité dans lequel nous sommes invités, à nous défaire de nos certitudes et carcans pour être des porteurs d’eau, des canaux discrets. Et ce afin que cette eau vive fertilise nos cœurs et nos vies quand la sécheresse survient, afin qu’elle redonne souffle et joie à celles et ceux qui n’en ont plus beaucoup, et nous que gardions précieusement la conviction que lorsque nous sommes consolés, relevés, aimés c’est pour qu’à notre tour nous puissions consoler, relever et aimer notre prochain.
« Soyons altérophiles » est le credo de la Fédération de l’Entraide Protestante une « antienne » qui rappelle la nécessité de placer l’altérité au centre de nos préoccupations.
La Bible s’ouvre avec la Genèse sur un jardin et elle se termine avec un fleuve et un arbre de vie dans l’Apocalypse. On peut y voir un message, que le Seigneur veut inlassablement ramener l’humanité à la vie, à l’abondance, à la paix.
Alors que la paix de Dieu soit sur nous ;
que la paix de Dieu soit en nous ;
que la paix de Dieu soit par nous.
Amen
MUSIQUE
DEBOUT CANTIQUE 23/01, 1.2.3 Dieu qui verse (p. 267)
Confession de foi
Nous croyons et proclamons avec joie que Jésus-Christ s’est donné pour toute l’humanité :
pour celles et ceux qui ont vécu depuis les origines de l’histoire,
pour celles et ceux qui naîtront jusqu’à la fin des siècles ;
pour les foules qui se pressent dans les villes,
pour les habitants de la montagne la plus reculée,
pour le bébé qui vient de naître
et pour le vieillard sur le seuil de l’éternité.
Nous croyons qu’il s’est donné pour nos amis et nos ennemis, pour les croyants et les incroyants, pour les riches et les pauvres, pour les martyrs et les bourreaux.
Oui, pour tous, pour toi, pour moi, Jésus-Christ est venu.
Il a vécu, lutté, souffert, il a traversé les ténèbres de la croix pour toi, pour moi.
Il a triomphé de la mort et ouvert devant nous les portes d’une irréductible espérance, de sorte que “rien désormais, ni passé ni avenir, ni bonheur ni malheur, ni vie ni mort, ni hauteur ni profondeur, ni aucune force qui soit au monde, ne pourra jamais nous séparer de l’amour qu’en lui Dieu a manifesté.” Amen.
DEBOUT CANTIQUE 36/28, 1.2. nous sommes un (p. 527)
PRIERE D’INTERCESSION
Inspirée d’Autumn Peltier militante autochtone Anishinaabé pour la protection de l’eau et les droits humains née en 2004 au Canada. Reconnue dès son plus jeune âge pour son engagement face à la crise de l’eau potable dans les reserves devenue une voix influente sur la scène internationale et Commissaire en chef des eaux de la Nation Anishinabek.
Dieu de vie et Source d’eau vive,
Nous nous tournons vers toi en ce jour pour te rendre grâce pour le don de la Création, et particulièrement pour l’eau qui abreuve la terre, purifie nos vies et symbolise ta grâce infinie.
Seigneur, nous te prions aujourd’hui en communion avec les peuples autochtones de toute la terre, les peuples de villes et les peuples des campagnes. Nous te remercions pour la sagesse qu’ils portent, eux qui nous rappellent que la Terre-Mère (Gaïa) est un don sacré à protéger, et que l’eau est le sang de cette création que tu as jugée bonne. Pardonne nos aveuglements, notre cupidité et notre négligence lorsque nous traitons tes dons comme de simples marchandises à exploiter.
Dieu de justice, entends notre prière.
Nous t’apportons la douleur et la soif des communautés de tous ceux qui manquent d’eau. Nous te prions pour tous les territoires privés d’accès à une eau potable saine. Nous te demandons pardon pour les pollutions destructrices de ta création qui abîment ton œuvre essentielle. Nous te demandons pardon pour les injustices systémiques, le racisme et les promesses brisées qui perpétuent les crises dans notre pays et dans le monde. Inspire nos dirigeants politiques et donne-nous le courage, en tant qu’Entraide, Eglise et citoyens, d’exiger des actions concrètes en faveur de la justice sociale.
Dieu de réconciliation, transforme nos cœurs.
Nous te prions particulièrement pour les jeunes, pour qu’ils reçoivent la considération, la place et l’estime qu’ils méritent. Nous te prions pour les ainés, et aussi particulièrement pour les femmes et les hommes de toutes les nations qui s’élèvent comme gardiens de la paix. Soutiens leur engagement et leur courage. Apprends-nous à écouter leur voix, à marcher humblement à leurs côtés.
Aide-nous à redécouvrir notre vocation de gardiens et de serviteurs de ta Création, afin que chaque enfant de cette Terre-Mère puisse puiser à la source de la vie, dans la dignité et la paix. Amen.
Et au nom de Jésus-Christ, qui nous promet l’eau vive qui étanche toute soif, ensemble nous disons cette prière qu’il nous a enseignée : Notre père qui es aux cieux….
NOTRE PERE
Notre Père qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Ne nous ne laisse pas entrer en tentation mais délivre-nous du mal, car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire, aux siècles des siècles. Amen.
ASSIS Spontané : All 12/12 Notre Dieu est délivrance
Notre Dieu est délivrance Il se lève, il nous sauve Il est le Dieu de notre histoire
Que les peuples lui rendent gloire!
Peuples de la terre, louez le seigneur ! Car il nous juge avec justice. Au fil de l’histoire, guide des nations, il les conduit avec droitures. Tous les continents, que Dieu a créés un jour viendront lui rendre gloire; les peuples lointains, en battant des mains, l’acclameront tous dans la joie.
Notre Dieu est délivrance …
ENVOI
Aujourd’hui, nous nous sommes assis, nous avons médité les écritures, nous nous sommes réjouis des baptêmes reçus, de l’offrande que le Seigneur nous permet d’apporter à notre église et à l’entraide. Il nous reste encore un bout de chemin à parcourir, vivre pleinement ce que nous avons compris de l’Evangile et accomplir les Ecritures. Nous sommes envoyés dans le monde comme porteurs d’eau, des porteurs de la force et de l’amour de Jésus-Christ, notre Seigneur.
BÉNÉDICTION
Que le Dieu de la grâce et de la miséricorde vous bénisse et vous garde !
Que le Dieu de la rencontre et de la générosité vous bénisse et vous garde !
DEBOUT Spontané : All 62/81 Que la grâce de Dieu soit sur toi
Que la grâce de Dieu soit sur toi
Pour t’aider à marcher dans ses voies.
Reçois tout son pardon et sa bénédiction.
Va en paix, dans la joie, dans l’amour.