Culte de l’Entraide Protestante : Notre Pain quotidien

09 mars 2025

Donnes-nous notre pain de ce jour

ACCUEIL 

Nous nous tenons ici les mains vides et demandons à Dieu :

accueille-nous avec nos espoirs et nos soucis du jour,

donne-nous une parole qui nous nourrit,

donne-nous des mots qui nous fassent réfléchir,

remplis notre vide de ton amour et de ta proximité.

Nous nous tenons ici avec les mains vides et les levons en signe de louange :

parce que tu es là,

parce que nous pouvons te faire confiance,

parce que tu nous combles en abondance.

Qu’il nous vienne de toi la grâce et la paix pour ce culte.

 

PRIERE DE LOUANGE 

Seigneur nous te remercions de la grâce que tu nous offre.

Avec le pain, tu nous ouvre aux mondes du quotidien et à ton royaume.

Tu es partages quand Jésus multiplie les pains à Cana.

Tu es partages de la Parole, lorsque tu nourries les foules.

Tu es partage de la grâce et de la force de la foi quand nous célébrons la Sainte-Cène. Accorde-nous de te louer à tous moments en espérant que tu nous offre notre pain quotidien dans les temps de tristesse, comme dans les temps de réjouissance, dans les temps de sécurité comme dans les temps troublés.

Comme le pain que tu nous donnes nous nourrit, notre assurance en toi,

Dieu, nous donne la force de l’espoir.

Amen

 

Psaume 136, 1, 9 et 11 – Louez Dieu, car il est bon (p. 150)

 

 A L’ÉCOUTE DE LA VOLONTÉ DE DIEU 

 

La volonté de Dieu est de nous inviter à construire un monde nouveau, à lutter contre les falsificateurs de vérité dans notre monde, à lutter contre ceux qui rejettent les dignités des humains, à lutter contre ceux qui refusent le partage et l’écoute.

Prions en écoutant l’Apocalypse. Souvent dans les Écritures, le pain annonce le monde nouveau du Royaume de Dieu : “Je vis un ciel nouveau et une terre nouvelle (Apocalypse 21, 1)” ; et surtout : “Voici que je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui ; je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi (Apocalypse 3, 20).

 

RECONNAISSANCE DE NOS LIMITES

Donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien.

Seigneur nous espérons chaque jour être à ton écoute.

Chaque jour nous espérons nous souvenir que nous ne sommes qu’avec les uns et les autres.

Chaque jour, nous portons nos grains pour que la farine et de l’eau mêlées, pétries ensemble, nos vies soient un levain pour toute la société et nos proches.

Sans toi, sans ton amour, seul levain de la vraie vie, nous n’offrons que de la farine éparpillée, de l’eau répandue. Fait de notre vie un levain quotidien.

ANNONCE DE LA GRÂCE 

Demander à Dieu notre pain, ce n’est pas lui demander d’assurer notre vie quotidienne mais de nous donner ce qui nous est vraiment essentiel et qu’il n’est pas en notre capacité de maîtriser. Demander à Dieu notre pain, c’est lui demander de nous donner la Parole qui nous transcende chaque jour et nous permette de dépasser nos préoccupations.

C’est-à-dire de nous donner le sens ultime de notre existence qui dépasse nos horizons et nous donne cette capacité d’agir entièrement au service des autres, particulièrement nécessaire aujourd’hui.

Tu nous donnes le pain, nous offre la Parole qui nous transcende, cela s’appelle la Grâce.

1 – d’après le commentaire de Simone Weil du Notre Père

 

 

PRIERE AVANT LES LECTURES 

Avant d’ouvrir la Bible, nous faisons appel à Dieu, pour qu’Il nous aide à mieux entendre le message qu’il contient.

Donne-nous, Seigneur, d’être à l’écoute de ce que tu veux nous dire ce matin.

Accorde-nous la grâce du silence intérieur pour que ta Parole nous rejoigne et qu’elle parle à notre cœur.

Que par ton Esprit, le passage de l’Ecriture que nous allons écouter devienne Bonne Nouvelle pour nos vies.

 

LECTURES BIBLIQUES 

Nous nous mettons à l’écoute des textes bibliques. Ils sont choisis par la personne qui prêche. Elle peut opter pour les lectures proposées dans un calendrier commun pour l’église protestante et l’église catholique, ou alors faire ses propres propositions.

 

Exode 16, 19-32

19Moïse leur dit encore : « Que personne n’en mette de côté pour demain matin. » 20Mais certains n’écoutèrent pas et en conservèrent jusqu’au matin ; la vermine s’y mit et rendit le tout infect. Moïse se mit en colère contre eux. 21Dès lors, chaque matin, ils en ramassèrent leur ration quotidienne. Quand le soleil devenait chaud, le reste fondait.

22Le sixième jour, ils en ramassèrent une double ration, environ huit litres par personne. Les chefs de la communauté allèrent l’annoncer à Moïse, 23qui leur dit : « C’est bien ce que le Seigneur a ordonné. Demain, c’est le sabbat, le jour de repos réservé pour le Seigneur. Cuisez ce que vous voulez cuire, faites bouillir ce que vous voulez bouillir, et gardez le surplus jusqu’à demain matin. » 24Ils en mirent donc de côté pour le lendemain, selon les instructions de Moïse, et il n’y eut ni puanteur ni vermine. 25« Mangez cela aujourd’hui, leur dit alors Moïse. Car aujourd’hui, c’est le sabbat en l’honneur du Seigneur ; vous ne trouveriez rien dehors. 26En effet, pendant six jours, vous ramasserez de cette nourriture, mais le septième jour, le jour du sabbat, il n’y en aura pas. »

27Pourtant, le septième jour, certains Israélites sortirent du camp pour aller en ramasser, mais sans rien trouver. 28Le Seigneur dit à Moïse : « Allez-vous encore longtemps refuser d’obéir à mes commandements et à mes enseignements ? 29Sachez-le bien, je vous ai donné le sabbat pour vous reposer, et voilà pourquoi je vous donne, le sixième jour, une ration de nourriture pour deux jours. Le septième jour, que chacun reste chez soi, que personne n’en sorte. » 30Ainsi le peuple d’Israël se reposa le septième jour.

31Les Israélites donnèrent à cette nourriture le nom de manne. Elle ressemblait à des graines de coriandre ; elle était blanche et avait un goût de gâteau au miel.

32Moïse dit : « Voici ce qu’ordonne le Seigneur : “Remplissez de manne un récipient, afin d’en conserver pour vos descendants. Ainsi ils verront de quel pain je vous nourrissais dans le désert, quand je vous ai fait sortir d’Égypte.” »

 

Matthieu 6, 25-34

25 C’est pourquoi je vous dis: Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps, de quoi vous serez vêtus. La vie n’est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement?

26 Regardez les oiseaux du ciel: ils ne sèment ni ne moissonnent, et ils n’amassent rien dans des greniers; et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux?

27 Qui de vous, par ses inquiétudes, peut ajouter une coudée à la durée de sa vie?

28 Et pourquoi vous inquiéter au sujet du vêtement? Considérez comment croissent les lis des champs: ils ne travaillent ni ne filent;

29 cependant je vous dis que Salomon même, dans toute sa gloire, n’a pas été vêtu comme l’un d’eux.

30 Si Dieu revêt ainsi l’herbe des champs, qui existe aujourd’hui et qui demain sera jetée au four, ne vous vêtira-t-il pas à plus forte raison, gens de peu de foi?

31 Ne vous inquiétez donc point, et ne dites pas: Que mangerons-nous? que boirons-nous? de quoi serons-nous vêtus?

32 Car toutes ces choses, ce sont les païens qui les recherchent. Votre Père céleste sait que vous en avez besoin.

33 Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu; et toutes ces choses vous seront données par-dessus.

34 Ne vous inquiétez donc pas du lendemain; car le lendemain aura soin de lui-même. A chaque jour suffit sa peine.

 

Luc 11, 1-4

1 Un jour, Jésus priait en un certain lieu. Quand il eut fini, un de ses disciples lui demanda : « Seigneur, enseigne-nous à prier, comme Jean l’a appris à ses disciples. » 2Jésus leur dit : « Quand vous priez, dites :

“Père,

que chacun reconnaisse qui tu es ;

que ton règne vienne !

3Donne-nous chaque jour le pain dont nous avons besoin.

4Pardonne-nous nos péchés,

car nous pardonnons nous-mêmes à tous ceux qui nous ont fait du tort.

Et ne nous laisse pas entrer dans l’épreuve.” »

 

PREDICATION, par Pierre Oberto 

 

Nous venons d’entendre deux récits :

Celui du don de la manne aux hébreux dans le désert.

Celui du don du Notre Père par Jésus  aux Disciples

Que nous disent ces textes aujourd’hui même ? En quoi sommes-nous concernés ?

C’est en  gardant ces interrogations à l’esprit, que je vous propose d’examiner de plus près ces textes ;

Cependant entrevoir leurs impacts aujourd’hui n’est pas  tache facile.

Nous ne pouvons y parvenir sans prendre le temps de nous arrêter sur ce que nous venons d’entendre  et de nous remémorer leur contexte en particulier sur deux d’entre elles.

 

1-Dans le texte de l’Exode : il est évoqué le prodige de la manne

Le récit en est simple,  les faits semblent se dérouler selon une logique claire

Le peuple Hébreu vient d’être libéré du pays ou il était devenu esclave. Il doit cheminer à travers le désert pour atteindre la terre promise et devenir libre, libre d’être lui-même.

Mais comment recevoir la promesse de cette liberté, comment se sentir libre avec le ventre vide. C’est bien connu «  Ventre affamé n’a pas d’oreilles »

Et le  peuple des hébreux est affamé et regrette sa situation antérieure. Ils en viennent à s’en prendre à  Moïse et son frère Aaron qui les accompagnent dans le désert.

Parce qu’il entend le peuple, Dieu intervient  il dit à Moïse : «  Je vais pleuvoir sur vous du pain depuis le ciel (Ex.16 :4). Le lendemain après la rosée une pluie de menu grains recouvrait le sol, comme une gelée blanche au goût comparable à celui d’une galette de miel.

C’est là qu’intervient la « manne »,.

Les fils d’Israël s’interrogèrent alors : Qu’est ce que c’est ?  En Hébreu : mân hôu .  Ce qui donna manne, le nom de cette nourriture. Cet aliment pleuvait du ciel chaque jour et ne pouvait être gardé pour le lendemain sauf le sixième jour veille de Shabbat.

Cette manne à laquelle Dieu ajoute les cailles nourrit  l’ensemble du peuple d’Israël et ce pendant quarante ans.

La manne est la nourriture du temps du salut à venir. Elle est la nourriture biblique la plus extraordinaire.

Nous pouvons relever plusieurs particularités de cette manne :

  • Il s’agit d’une nourriture quotidienne qui souligne le temps présent. C’est chaque jour que tous peuvent être  rassasiés.
  • Il est remarquable que chacun prend ce dont il a besoin (la juste quantité)  qu’il soit femme, homme, vieillard ou enfant. C’est l’apprentissage du discernement.

Prendre ce qui nous est nécessaire. Nous pourrions extrapoler en disant qu’il y a un encouragement à tendre vers une économie responsable qui n’entrevoit pas dans la consommation excessive le moyen d’exister.

  • Cet épisode  met en avant la solidarité. Il est précisé un peu avant dans le texte : «  Chacun en prendra pour ceux qui sont dans sa tente » (Ex.16 :16). Il n’est pas question de se servir plus que les autres.
  • Une autre particularité est le questionnement. Dés le début de cette pluie divine les fils d’Israël se questionnent : Qu’est ce que c’est ? Question qui ne concerne pas seulement la nature de la manne mais qui interroge sur le fait de recevoir de la part de Dieu et de lui faire confiance

 

2- Dans la lecture de Luc nous avons là, la seule prière transmise par Jésus dans les Evangiles.

Sa formulation a pu nous surprendre habitués que nous sommes croyants ou non à entendre parler du « Notre Père »

C’est qu’il existe deux récits de cette prière enseignée par Jésus une dans l’Evangile de Matthieu et l’autre dans l’Evangile de Luc.

La formule que nous connaissons est la formule  lithurgique c’est-à-dire celle qui est récitée dans les offices chrétiens et dont la traduction est régulièrement mise à jour.

La demande concernant le pain quotidien se retrouve dans Luc et Matthieu,  et nous dirons tout à l’heure : « Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour » qu’en nous reprendrons à voix hautes pour marquer son importance et marquer pour faire communauté la prière enseignée par Jésus.

C’est une prière du présent, de l’immédiat.

Cette prière inclut tout l’univers du ciel et de la terre. La quatrième demande, celle du pain quotidien, est la charnière entre le ciel et la terre:

L’irruption d’une demande très matérielle dans un contexte entièrement spirituel questionne. Avoir notre subsistance quotidienne est important, mais cela ne saurait être le but d’une vie. Ainsi, notre pain quotidien, au-delà de la fonction physiologique, est aussi une puissante métaphore pour la nourriture spirituelle qui nous est offerte par Dieu au quotidien.

Cette « nourriture » c’est aussi et surtout ce qui enrichit l’esprit et le cœur.

Le Père dont Jésus invite à s’adresser n’est pas terrestre et le pain demandé n’est pas celui qui vient du sol, mais bien celui qui réalise le passage du Ciel à la terre. Celui qui « descend » comme un « don » et qui rendra la terre semblable au Ciel. (P.Dumoulin)

Ce pain « spirituel » est évoqué à plusieurs reprises dans la Bible,

Dans le livre de la Génèse on lit que Dieu condamne Adam à travailler et à gagner son pain , c’est-à-dire sa vie «  à la sueur de son visage »  (Gn.3 :18-19)

Dans le livre du Deutéronome : «  L’homme ne vit pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de l’Eternel »  Dt. 8 :4)  paroles que reprend Jésus  (au moment ou le Diable lui souffle qu’il pourrait demander à Dieu de le nourrir matériellement ( Matt.4 :4).

Dans l’Evangile de Jean lorsque l’on parle de pain de vie.  Jésus dit : « Je suis le pain de vie. celui qui vient à moi n’aura jamais faim et celui qui croit en moi n’aura jamais soif «  (Jn.6 :35).

Lors de son derniers repas avec ses apôtres,  Jésus partage le pain avec eux. tous y compris Judas.

Demander le pain quotidien, c’est demander la grâce dont nous avons besoin chaque jour et dont la nourriture est le symbole.

 

Quel est l’élément commun entre nos deux lectures de ce jour

Elles  ont un dénominateur commun qui est la nourriture et en particulier le pain.

Le pain est la nourriture de base de bien des cultures que ce soit il y a plus de 2000 ans en Galilée,  en Judée ou aujourd’hui à travers le monde.

La première nourriture dont il est question dans la Bible est le pain (Lérem en hébreu). D’ailleurs nous pouvons remarquer que la ville de Bethléem  signifie en hébreu  «  La maison du pain ». C’est la maison de celui qui se donne en partage.

La demande s’exprime différemment selon les traductions : Le pain de ce jour, le pain dont nous avons besoin, le pain quotidien, notre pain, le pain de notre subsistance, le pain de demain. Au Cameroun par exemple dans la langue bassa, le mot pain n’existe pas. La traduction est « donne -nous la nourriture nécessaire pour aujourd’hui ».

Le pain est un terme générique qui parle à chacun, un objet de nourriture, de partage, il représente aussi ce qui est nécessaire à la vie. Outre le fait d’être une nourriture matériel, le pain est également nourriture relationnelle, culturelle et spirituelle.

Que le pain soit spirituel ou matériel,  il est la base du partage.  Pour les chrétiens il est symbole de reconnaissance dans sa fraction (Les pèlerins d’Emmaüs qui reconnaissent Jésus seulement lorsqu’il rompt le pain).Il revêt une profondeur symbolique.

 

Que faisons-nous  aujourd’hui de ces messages 

Nous ne pouvons recevoir ces lectures sans nous poser la question : Comment est-ce que moi je mets en lumière et en actes ces paroles dans mon quotidien ?

Comment est-ce que je repousse la facilité pour m’engager réellement. ?

La facilité c’est de ne pas savoir lutter contre les individualismes de survie, ne pas reconnaître son aisance et vouloir toujours plus. Se croire en insécurité, craindre l’autre.

Chercher souvent à être sécurisé matériellement, amicalement, amoureusement professionnellement.

Ignorer l’autre par crainte par manque de temps ou penser que l’on a rien à lui à lui apporter.

La facilité serait aussi de se dire : Dans ce monde si profondément désorienté  par tant de maux à quoi bon lutter.

Nous pourrions poursuivre cette liste et chacun saura sans doute ou se reconnaître.

L’objectif n’est pas de se flageller mais d’avoir conscience de ses faiblesses  de reconnaître que nous ne sommes pas réduits à nos seules ressources personnelles.

Seul nous ne pouvons y arriver.

C’est pour le croyant ce qu’exprime le Notre Père. Il y demande la grâce dont il a besoin  chaque jour et dont la nourriture quotidienne est le symbole.

Le salut peut venir du Ciel mais pas sans la collaboration des femmes et des hommes.

Veillons à être conscients lorsque nous partageons «  Notre Père » à voix hautes au sein de notre communauté des mots que nous  prononçons.

Ce n’est pas un rituel hebdomadaire mais bien une demande et une reconnaissance qui est faite vers celui qui nous guide.

Comment regarder le monde aujourd’hui sans douter, se questionner, se remettre en cause ?

Mais voilà, pour passer de la parole aux actes il faut cette capacité de croire, de reconnaître ses limites, ses insuffisances et son impossibilité de se sauver soi-même.
Il faut comme le disait le théologien Paul Tillich « le courage d’être »

« La foi est le courage d’accepter d’être inacceptable, d’accepter la bonne nouvelle de l’Evangile à savoir que Dieu nous accepte quand même »

 

Qu’en est-il dans nos missions d’Entraide

Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour

Sommes-nous prêts aujourd’hui à recevoir ce pain et le partager pas demain, pas plus tard mais aujourd’hui.

Sommes-nous conscients que nous recevons et que nous avons aussi la possibilité de transmettre, de donner à notre tour. Ce temps d’Entraide est fondamentalement communautaire au sens de la communauté humaine

Les missions de l’Entraide peuvent être vues comme «  notre pain quotidien ». Elles nourrissent notre foi, apportent du sens et peuvent changer notre regard.

Elles permettent de créer du collectif ou rien ne peut se faire sans l’autre. Qu’il soit un temps en demande ou en capacité de donner.

Le pain quotidien c’est d’abord pour ceux   qui viennent vers nous pour être reconnus en tant que personne. Ils peuvent être là pour être habillés ou pour parler.

A nous d’écouter y compris les silences, d’entendre les colères et d’accepter les refus.

Que ce soit eux ou nous, chacun à besoin de se sentir utile, respecté, rendant service à la société.

Aider l’autre est un acte précieux, mais lorsque nous aidons quelqu’un de quoi nous inquiétons nous ? A quoi nous attachons nous lorsque nous aidons ou accompagnons ?

Nous retrouvons là la nécessité de discerner entre ce qui est essentiel et secondaire, entre ce que l’on fait et pourquoi nous le faisons.

Quel est le plus important :

Donner à manger et vêtir quelqu’un parce qu’il n’aura plus faim et froid ou  lui redonner sa place d’humain au même titre que chacun d’entre nous.

Est il  plus important d’accueillir une personne pour un certain temps, l’assister ou  lui permettre d’être responsable, c’est-à-dire une personne à part entière et pas seulement assistée ?

Cela n’est pas aussi facile, la complexité des situations et la difficulté à recevoir engendrent souvent un long travail et le plus souvent la seule chose que nous puissions faire c’est au moins d’être là.

Même si nous savons que le besoin matériel est urgent nous devons de chercher l’essentiel . Non pas seul.e dans son coin mais collectivement.

A quoi sert de donner à manger, habiller s’il n’y a pas de rencontres  humaines et sincères ?

Qu’avons-nous donc à offrir ? Cela ne peut être que notre superflu.

C’est notre foi qui donne sens à nos actions, qui relève et qui offre et qui nous permet de nous tourner vers l’autre dans son humanité.

L’Armée du Salut parle des trois  S : Soupe, Savon, Salut. Donner à manger et restaurer la dignité de la personne qui est devant nous, avant de pouvoir lui dire de la part de qui cela lui a été donné.

L’entraide nous permet d’être vigilant, de mesurer les difficultés que peuvent rencontrer certaines personnes, de mieux nous interroger sur notre capacité à écouter, offrir, recevoir avec respect et humilité mais aussi reconnaître ce qui nous est donné en échange.

C’est par la recherche de la dignité humaine que tout le reste sera donné.

Sommes nous persuadés que dans la simple  rencontre avec l’autre se trouve déjà l’essentiel de Dieu.

Pour conclure je me servirai pour résumer mon propos de ces quatre vers :

Ce n’était rien qu’un peu de pain

Mais il m’avait chauffé le corps

Et dans mon âme il brule encor’

A la manièr’ d’un grand festin.

Les paroles de Georges Brassens

Amen

 

 

Cantique 24/09 – Jésus tu nous convies (p. 293)

 

  DIRE NOTRE FOI 

Je crois en Dieu qui est Père, mère, de tous les humains et qui leur a confié la terre.

Je crois en Jésus-Christ qui est venu pour nous encourager et nous guérir, pour nous
délivrer et nous annoncer la paix de Dieu avec l’humanité.

Je crois en l’Esprit de Dieu qui travaille en tout être humain de bonne volonté.

Je crois que l’homme vivra de la vie de Dieu pour toujours.

Je ne crois pas au droit du plus fort, au langage des armes, à la puissance des puissants.

Je veux croire que le monde entier est ma maison,

je veux croire que le droit est un, ici et là, et que je ne suis pas libre tant qu’un seul être vivant est esclave.

Je ne croirai pas que la guerre et la faim soient inévitables et la paix inaccessible.

Je veux croire à l’action modeste, à l’amour aux mains nues et à la paix sur Terre.

Je ne crois pas que toute peine soit vaine.

Je ne croirai pas que le rêve de l’homme restera un rêve et que la mort sera la fin.

Mais j’ose croire, toujours et malgré tout, à l’homme nouveau.

J’ose croire au rêve de Dieu même : un ciel nouveau, une Terre nouvelle où la justice
habitera.

 

 Cantique 49/51 – Seigneur tu nous donnes ce pain (p. 804)

PARTAGE DES PAINS 

Offrons à notre voisin.e un bout de pain en s’adressant à lui/elle avec son nom:  « Géraldine, Pierre, Françoise … voici ton pain dont tu as besoin aujourd’hui. »

 

 

 

PRIERE D’INTERCESSION 

 

1. Un seul grain donne naissance à

beaucoup de nouveaux grains sortent.

Ouvre nos yeux à ce

miracle de la nature.

Nous te prions :

Tous : Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.

 

2. Ce n’est qu’en réunissant beaucoup de grains

Que se forme un pain délicieux.

Fais de nous une communauté.

dans laquelle il y a de la place pour chacun.

Nous te prions :

Tous : Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.

 

3. le pain rassasie, mais de nombreuses personnes

dans le monde souffrent de la faim et

de la misère.

Aide-nous à prendre l’autre en considération

et partager avec les autres.

Nous te prions :

Tous : Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.

 

4. dans le monde entier, on se nourrit de pain

Le pain est un lien.

Relie-nous, êtres humains, les uns aux autres.

dans nos pensées et prières.

Nous te prions :

Tous : Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.

 

5. Jésus dit de lui-même : « Je suis le

pain de vie ».

Ouvre nos cœurs à Jésus, afin qu’il soit pour nous aussi vital

que le pain quotidien.

Nous te prions :

 

NOTRE PERE QUI EST DANS LA VIE

Notre Père qui est dans la vie

de tous les hommes qui cherchent la justice

parce qu’ils aiment leurs frères et te servent.

Ton nom est sanctifié par tous ceux qui défendent

la vie des pauvres et des humbles

qui ont foi et espérance en toi,

qui luttent pour le respect de la dignité.

Que ton règne vienne :

ton règne qui est liberté et amour,

fraternité et justice, droit et vérité.

Que ta volonté soit faite :

liberté pour les prisonniers,

apaisement des affligés, force pour les torturés,

libération et vie pour ceux qui souffrent de la violence.

Donne-nous aujourd’hui notre pain de chaque jour :

le pain de l’égalité et de la joie,

le pain de la parole et de l’éducation,

le pain de la terre et du logement,

le pain de la nourriture et de l’assistance médicale.

Pardonne-nous de ne pas savoir partager

le pain que tu nous as donné.

Pardonne notre manque de courage et de foi

quand par peur nous gardons le silence.

Ne nous induis pas en tentation

qui nous fait nous conformer aux puissants de ce monde

et qui nous fait croire que nous sommes impuissants

à changer quoi que ce soit.

Mais délivre-nous du mal, qui au fond de nous-mêmes,

nous invite à garder notre vie pour nous

quand toi tu nous invites à la donner.

Julia Esquival    Pasteur et théologien Guatémaltèque

 

BÉNÉDICTION (Constance) à compléter

Recevons la bénédiction de la part de Dieu pour notre vie !

Que le Seigneur, en tes pieds, mette la danse, et la vigueur en tes bras.

Qu’il emplisse tes mains de douceur et tes yeux de rire.

Qu’il comble tes oreilles de musique et ton nez de bonnes odeurs.

Qu’il pose la jubilation en ta bouche et la joie en ton cœur !

Qu’il t’offre chaque matin le pain dont tu as besoin et te permette de le partager

Que le Seigneur te donne à profusion et qu’il t’inspire de donner à profusion !

A nous tous, que le Seigneur donne chaque jour l’élan de la vie !

A nous tous, que le Seigneur donne chaque jour force de voir le visage de l’espérance !

Il nous bénit aujourd’hui et tous les jours de notre vie.

Amen.

 

 

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