16 et 25 juin : « Spiritualités : cultes en dialogue » – un retour réconaissant

Mardi 16 et jeudi 25 juin 202

Deux rencontres interreligieuses sur le thème de la compassion

 

 

Pour la première fois à Levallois-Perret, nous avons vécu des rencontres placées sous le thème : « Spiritualités : cultes en dialogue ».

L’objectif était de renforcer la connaissance mutuelle entre les différentes traditions religieuses présentes à Levallois-Perret.

 

À l’initiative du centre bouddhiste Rigpa, des représentants des communautés catholique, protestante, juive, musulmane et bouddhiste se sont réunis pour organiser deux rencontres autour du thème de la compassion.

Ce thème a été choisi parce que les bouddhistes tibétains, dont un centre est implanté à Levallois-Perret, célèbrent l’Année de la Compassion à l’occasion du 90ᵉ anniversaire du Dalaï-Lama.

Le mardi 16 juin, des ateliers ont permis aux membres des différentes communautés de se rencontrer et d’échanger, dans une écoute attentive et bienveillante, autour de la question de la compassion.

 

 

Le jeudi 25 juin, cette première rencontre s’est prolongée par une conférence publique réunissant :

  • Claude Assous (judaïsme),
  • Jamal Benerroua (islam),
  • Cathy Blanc (bouddhisme),
  • le Père Michel Fédou, jésuite (christianisme).

La conférence était animée par Pierre-Hugues Dubois, présentateur de la matinale de RCF Notre-Dame.

 

 

 

Au fil des interventions, chacun a présenté la manière dont sa tradition comprend et met en œuvre la compassion. Si les approches sont différentes, de nombreux points de convergence sont apparus.

 

  • Pour Claude Assous, représentant du judaïsme, la compassion est d’abord un attribut de Dieu, auquel le croyant est appelé à participer. Abraham et Sarah sont présentés comme des modèles d’hospitalité et de générosité. Le Talmud met en avant trois grandes vertus : la modestie, la compassion et les actes de bonté. Une idée a traversé son intervention : une bonne action en entraîne une autre, créant une dynamique de bien autour de soi. La compassion n’est pas une faiblesse sentimentale, mais une force qui permet d’aider l’autre non seulement à survivre, mais aussi à se relever et à reconstruire sa vie. La justice est indispensable, mais elle ne suffit pas ; elle doit toujours être portée par la relation et la miséricorde.

 

 

  • Jamal Benerroua a montré que, dans l’islam, la miséricorde est l’un des attributs essentiels de Dieu. Toutes les sourates du Coran commencent par l’invocation : « Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. » Il a souligné qu’en arabe, comme en hébreu, le mot évoquant la miséricorde est lié à la racine désignant l’utérus maternel, image d’une protection et d’un amour inconditionnels. La compassion est universelle : elle s’étend à toute la création. Elle ne s’oppose pas à la justice, mais l’humanise et se traduit par des engagements concrets dans la vie quotidienne comme dans l’organisation de la société. Ceci est aussi source d’espérance. Un image donnée étayait celle d’un plant à planter même encore face à la fin du monde. Il faut planter ce qui est possible jusqu’au bout, même si tout semble perdu.

 

 

  • Cathy Blanc, pour le bouddhisme, a rappelé que chacun porte en lui des souffrances parfois invisibles. Les enseignements du Bouddha proposent un chemin pour comprendre ces souffrances et en sortir. La compassion naît de l’union du cœur et de l’esprit ; elle consiste à voir l’autre tel qu’il est véritablement, au-delà des apparences. Parce que tous les êtres sont interdépendants, prendre soin d’autrui revient aussi à prendre soin de soi-même. La compassion invite ainsi à trouver la juste attitude envers chaque personne. Cathy Blanc a insisté sur l’écoute, laisser la place à l’autrui tel qu’il/elle est … c’est cela le début d’une vraie compassion.

 

 

  • Enfin, le Père Michel Fédou a montré que la Bible révèle un Dieu profondément miséricordieux : celui qui entend le cri de son peuple et le libère d’Égypte, celui dont le prophète Isaïe affirme qu’il n’oublie jamais ses enfants. Dans les Évangiles, Jésus est souvent « bouleversé aux entrailles » devant la souffrance humaine. Cette compassion devient alors un appel adressé à tous les disciples : regarder le monde avec les yeux de Dieu, prendre soin les uns des autres, mais aussi de toute la création. Pour les chrétiens, la compassion n’est pas une option ; elle est une exigence de l’Évangile.

 

 

Au terme de la soirée, chacun a pu constater que, malgré leurs différences, les traditions religieuses partagent une conviction profonde : la compassion est bien plus qu’un sentiment. Elle est une force qui pousse à agir, à relever celui qui souffre, à construire des relations plus fraternelles et à faire grandir la paix. Dans un monde souvent marqué par les divisions, cette rencontre a rappelé que le dialogue entre croyants peut devenir un véritable témoignage d’espérance et un encouragement à vivre concrètement la compassion au quotidien.

 

 

Nous remercions chaleureusement tous les intervenants pour la qualité de leurs contributions.

Nous exprimons également notre gratitude au centre Rigpa, qui a assuré l’organisation de ces rencontres, ainsi qu’à Mme le Maire, Agnès Pottier-Dumas, à M. le Maire adjoint, Jérôme Karkulowski, et aux équipes de la mairie pour leur soutien et pour la mise à disposition d’une salle parfaitement adaptée à cet événement, y compris face aux fortes chaleurs de cette période.

 

Christina Weinhold

Contact