Nous, les disciples entre Jérusalem et Emmaüs

prédication sur Luc 24, 13 - 33 Juliette THIN 19 avril 2026

prédication sur Luc 24, 13 - 33

 

 

LUC 24, 13-33

Et voici que ce même jour, deux d’entre eux allaient à un village nommé Emmaüs, éloigné de Jérusalem de soixante stades, ils s’entretenaient de tout ce qui s’était passé.

Pendant qu’ils s’entretenaient et discutaient, Jésus s’approcha et fit route avec eux. Mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître.

Il leur dit : Quels sont ces propos que vous échangez en marchant ? Et ils s’arrêtèrent, l’air attristé. L’un d’eux, nommé Cléopas, lui répondit : Es-tu le seul qui séjourne à Jérusalem et ne sache pas ce qui s’y est produit ces jours-ci ?

Quoi ? leur dit-il. Ils lui répondirent : Ce qui s’est produit au sujet de Jésus de Nazareth, qui était un prophète puissant en œuvres et en paroles devant Dieu et devant tout le peuple, et comment nos principaux sacrificateurs et nos chefs l’ont livré pour être condamné à mort et l’ont crucifié.

Nous espérions que ce serait lui qui délivrerait Israël, mais avec tout cela, voici le troisième jour que ces événements se sont produits.

Il est vrai que quelques femmes d’entre nous, nous ont fort étonnés ; elles se sont rendues de bon matin au tombeau et, n’ayant pas trouvé son corps, elles sont venues dire que des anges leur sont apparus et ont déclaré qu’il était vivant.

Quelques-uns de ceux qui étaient avec nous sont allés au tombeau, et ils ont trouvé les choses tout comme les femmes l’avaient dit ; mais lui, ils ne l’ont pas vu.

Alors Jésus leur dit : Hommes sans intelligence, et dont le cœur est lent à croire tout ce qu’ont dit les prophètes ! Le Christ ne devait-il pas souffrir de la sorte et entrer dans sa gloire ?

Et commençant par Moïse et par tous les prophètes, il leur expliqua dans toutes les Écritures ce qui le concernait.

Lorsqu’ils furent près du village où ils allaient, il parut vouloir aller plus loin. Mais ils le pressèrent, en disant : Reste avec nous, car le soir approche, le jour est déjà sur son déclin.

Il entra, pour rester avec eux. Pendant qu’il était à table avec eux, il prit le pain, dit la bénédiction ; puis il le rompit et le leur donna.

Alors leurs yeux s’ouvrirent et ils le reconnurent ; mais il disparut de devant eux.

Et ils se dirent l’un à l’autre : Notre cœur ne brûlait-il pas au-dedans de nous, lorsqu’il nous parlait en chemin et nous expliquait les Écritures ?

Ils se levèrent à l’heure même, retournèrent à Jérusalem et trouvèrent assemblés les onze et leurs compagnons.

 

 

 

 

Prédication :

 

Que s’est-il passé à Emmaüs ?

Pourquoi ces 2 compagnons refont à pied,

le trajet depuis Emmaüs jusqu’à Jérusalem,

alors que la nuit est déjà là ?

A cause de qui ? A cause de quoi ?

Pour le comprendre, je vous propose de cheminer nous aussi sur la route entre Jérusalem et Emmaüs,

Et d’essayer de revivre les évènements avec les mêmes yeux, la même intelligence et le même cœur que ces 2 compagnons.

Pour cela, soyons ce matin, celui qui n’est pas nommé et qui chemine avec celui que le texte appelle Cléopas.

 

 

Prenons donc nous aussi la route pour Emmaüs.

 

 

Tout d’abord :

Qui sommes- nous ?

Nous sommes « 2 d’entre eux », nous dit le début du texte.

Avant notre passage, au verset 9, il est mentionné que les femmes qui s’étaient rendues au tombeau pour embaumer le corps de Jésus, comme le veut la tradition, l’avaient trouvé vide.

Elles étaient alors retournées le raconter « aux Onze et à tous les autres », nous dit ce verset.

Si manifestement nous ne sommes pas un des Onze, c’est à dire les Douze apôtres, à l’exception de Judas qui s’est suicidé après avoir livré Jésus.

Nous sommes « tous les autres ».

Plus précisément, ceux qui suivaient Jésus, et écoutaient son enseignement.

Nous sommes des disciples de Jésus.

C’est-à-dire, que nous l’avons connu pendant ses années de vie publique, nous avons suivi son enseignement et pour certains, nous l’avons vu mourir sur la croix.

C’est sans doute ce qui nous est arrivé car ….

 

Quel jour sommes-nous ?

« ce même jour », nous dit le début du verset 13.

Là aussi, une réponse plus précise se trouve dans les versets précédents, lorsque Luc raconte la découverte du tombeau vide par les femmes.

Nous sommes le 3ème jour après la mort de Jésus.

Pour les chrétiens, c’est le jour de Pâques !

Mais pas pour nous, ce matin.

Pour nous, c’est juste le 3ème jour après la mort incompréhensible de Jésus.

 

Où sommes- nous ?

Sur la route entre Jérusalem et Emmaüs.

Le texte précise même la distance : 60 stades, soit un peu moins de 12 kms, environ 3 heures de marche.

Si la localisation d’Emmaüs reste un sujet de débat, beaucoup s’accordent pour le situer au Nord-Ouest de Jérusalem. Et moi ça me convient.

J’aime à nous imaginer tournant le dos à Jérusalem et marchant vers le soleil couchant.

Parce qu’honnêtement, ce qui vient de se passer à Jérusalem on a plutôt envie de le laisser derrière soi, de lui tourner le dos.

En suivant Jésus, nous avions espéré qu’il serait celui qui délivrerait Israël, comme le précise le verset 21.

Mais nous nous sommes trompés, celui que nous avons suivi a été broyé par les forces d’oppression.

On y a cru, mais rien ne changera jamais.

Ce Jésus que l’on croyait tout puissant, est tombé, comme les autres.

Quelle déception !

Nous sommes en deuil de notre maître et de notre espérance.

 

Alors Que faisons-nous ?

Nous parlons, beaucoup, entre nous, pour mettre des mots sur nos maux.

Oui, nous avons besoin de parler pour dire notre déception, notre tristesse et notre incompréhension.

Alors bien sûr, nous ne parlons que de cela, tournant et retournant les évènements pour essayer de leur donner un sens.

Ce que nous vivons, enfermés dans notre tristesse, notre découragement, notre espoir déçu, ce que nous éprouvons vraiment au fond de notre cœur, c’est l’absence de Dieu !

Dieu n’a fait rien pour nous. Dieu est impuissant, Dieu est absent.

A ce moment du récit, nous interrogeons la présence Dieu dans nos vies.

Et là, un 3ème personnage apparait dans le récit. Le texte nous dit au verset 15 qu’il s’agit de Jésus,

qu’il s’approche et qu’il fait route avec eux.

 

Je voudrais attirer votre attention sur ces deux verbes : « s’approcher » et « faire route ».

A travers eux, Luc met le lecteur sur une piste en rappelant qu’en Jésus, Dieu se fait proche des hommes, qu’il prend part à notre histoire.

Dieu est proche, non pas dans le temps, demain, bientôt, un jour,

mais dans l’espace. A côté de nous, avec nous.

Sur nos chemins de vie, Jésus se fait compagnon de voyage.

Mais pour le moment, ce matin, nous l’ignorons encore, puisque nous ne sommes pas le lecteur, mais les compagnons dont les

yeux sont empêchés de le reconnaître, nous dit le verset 16.

En d’autres termes, nous sommes aveugles.

Pourquoi cette cécité ? Et ce, malgré les témoignages sur le tombeau vide que nous avons reçus de nos amis : nous sommes empêchés.

A ce moment, alors que nous connaissions bien Jésus, nous ne le reconnaissons même pas lorsque nous le croisons sur la route.

A ce moment, ni notre intelligence, ni notre cœur ne peuvent concevoir que Jésus est ressuscité.

Cette cécité souligne à quel point nous sommes désorientés. Au sens propre comme au sens figuré.

 

Rappelez-vous, nous marchons vers l’ouest, et non pas vers l’orient,

mais aussi nous sommes désorientés parce que nous sommes « à l’ouest » qui est une façon familière de dire que nous sommes perdus.

Comme ces disciples nous ressemblent ! Cette désorientation est aussi la nôtre lorsque nous traversons des épreuves, que ce soit un deuil, des souffrances physiques ou psychiques, des déceptions, des désillusions.

Et Donc, voici qu’en chemin, nous sommes rejoints par un inconnu qui semble ne rien savoir des évènements récents.

Notre nouveau compagnon fait alors 2 choses :

1ère chose, il nous invite à raconter ce qui s’est passé.

Bien entendu, nous lui expliquons ce qui a eu lieu à Jérusalem : l’arrestation de Jésus, sa condamnation à mort, sa crucifixion, sa mise au tombeau et ce matin, au 3ème jour après sa mort, la découverte de son tombeau vide.

Nous lui disons tout le bouleversement qui est le nôtre et notre immense incompréhension.

2ème chose, il nous écoute.

Il prête une oreille attentive à notre récit des événements.

Aujourd’hui, nous savons combien la parole et l’écoute sont des gestes thérapeutiques essentiels.

Nous savons combien la présence d’un tiers, ami, médecin, confident, peut nous aider à tracer un chemin de paroles pour sortir de l’indicible.

Déjà, cet inconnu prend soin de nous.

Puis, il prend la parole à son tour.

Et là, le voilà qui perd patience, semble nous faire la leçon et nous montre les limites de notre Foi.

« Comme votre cœur est lent à croire tout ce qu’ont dit les prophètes », nous dit-il au verset 25.

Puis au verset 27, il se lance dans une véritable catéchèse biblique

« Partant de Moïse et de tous les Prophètes, il leur interpréta, dans toutes les Écritures, ce qui le concernait. »

Sur la route entre Jérusalem et Emmaüs, l’inconnu cherche à donner un sens aux évènements.

Il relie les écritures, du verbe relire. Il les passe en revue.

Il relie les écritures, du verbe relier. Il fait le lien entre les écritures et ce qui le concerne.

En relisant et en reliant les écritures, l’inconnu nous explique que la mort et la résurrection de Jésus accomplissent la promesse de Salut de l’Ancien Testament.

Ainsi, ce que nous dit notre compagnon est essentiel pour notre Foi et pour notre espérance.

Mais nous n’en percevons pas encore tout le sens.

C’est ce que nous exprimerons au verset 32, lorsque nous nous dirons l’un à l’autre « Notre cœur ne brûlait-il pas en nous, lorsqu’il nous parlait en chemin et nous ouvrait le sens de l’Écriture » ?

Si elle se dissipe, l’obscurité dans laquelle nous sommes, demeure.

On peut concevoir alors que ces explications aient pris du temps et que le jour ait commencé à décliner.

Arrivés à destination, nous invitons notre compagnon de voyage à faire halte avec nous et à partager notre repas.

Et là, que fait-t-il ?

« Il prit le pain et prononça la bénédiction ; puis il le rompit et le leur donna » nous dit le verset 30.

Et c’est là, lorsque l’inconnu, au cours du repas, bénit et partage le pain,

que nous réalisons que nous sommes en présence du Christ !

Alors leurs yeux s’ouvrirent et ils le reconnurent, nous dit le verset 31.

Ces simples gestes de la fraction et du partage du pain réveillent notre mémoire et notre Foi !

Ils marquent le basculement dans le récit. Il y aura un avant et un après.

En effet, Jésus refait là, à peu de chose près, les mêmes gestes que lors de la multiplication des pains, au chapitre 9, et surtout lors de l’institution de la cène, au chapitre 22, de ce même évangile.

Ces gestes sont en quelque sorte la clé qui nous permet d’accéder à une nouvelle compréhension des évènements, de discerner la présence du Christ dans notre vie.

Jusque-là nous étions en boucle sur nous-mêmes.

Un peu comme ce ballon de plage multicolore qui apparaît sur nos écrans d’ordinateurs lorsque quelque chose dysfonctionne.

Nous avions un peu « beugué ».

Nous étions dans l’incapacité de concevoir la mort de ce « prophète puissant », avions-nous dit au verset 19,

et encore moins sa résurrection, dans l’annonce de la découverte de son tombeau vide.

Ces gestes, nous permettent de changer de logiciel ! Ce nouveau logiciel, c’est celui de la conversion.

Étymologiquement, le mot conversion signifie le changement de l’intelligence, au sens large.

Il ne s’agit pas seulement de la faculté de comprendre, mais aussi de la mentalité, de la volonté, de la réflexion, de la pensée, des sentiments…

Plus largement, la conversion ne concerne pas que notre raisonnement mais aussi notre façon de vivre, de voir le monde. Elle engage la totalité de notre personne.

En informatique, convertir signifie adapter des programmes informatiques pour les faire fonctionner sous un autre système d’exploitation que celui pour lequel ils ont été écrits.

Et bien, C’est aussi ce que nous allons faire, nous compagnons à Emmaüs.

Nous allons faire tourner tous nos « programmes informatiques », celui de notre intelligence, ceux de notre manière de penser, de réfléchir, d’agir, d’aimer, d’être au monde, sous un nouveau « système d’exploitation » qui est celui de la Foi.

 

La Foi n’est ni l’adhésion à un système de pensée, ni l’acceptation d’une doctrine.

La Foi ça n’est pas croire que Dieu existe.

La Foi c’est croire en Dieu.

C’est à dire : vivre avec l’assurance que nous sommes aimés par Dieu, tels que nous sommes, quoi que nous fassions.

C’est vivre avec l’assurance que Dieu seul nous sauve, qu’il est à l’initiative de notre salut, quoi que nous fassions.

Ce qui fonde notre foi est en Dieu. Ce qui fonde notre foi est en dehors de nous.

La Foi ne peut donc pas être notre œuvre. Elle est don de Dieu.

Et donc, équipés de ces « nouvelles mises à jour », nous pouvons alors relire ce que nous avons vécu.

 

Retournons au début de notre passage.

Souvenons-nous :

Lorsque nous traversions toutes ces épreuves du deuil, du doute et du découragement, quelqu’un s’était approché et avait fait route avec nous.

Nous savons maintenant qu’il s’agissait de Jésus.

Mais parce que nous n’avions pas su le voir nous pensions qu’il n’était pas là.

Ne pas voir Dieu ne signifie pas qu’il est absent, mais que nous ne le reconnaissons pas.

Maintenant, nous comprenons qu’avec nous il traverse nos épreuves.

Plus largement, nous comprenons que Dieu est de tous nos chemins, même les plus difficiles.

C’est pourquoi nous pouvons lui demander, comme dans le verset 29 : « Reste avec nous ».

Souvenons-nous aussi :

Lorsque nous lui avions exprimé notre difficulté à croire à l’annonce du tombeau vide et à la résurrection, Jésus avait fait un long rappel des Écritures.

En faisant cela il nous invitait à poser un regard nouveau : le Messie, le Sauveur n’est pas un prophète puissant, mais un vaincu.

Pour nous, disciples à Emmaüs, accepter que Dieu se révèle à travers l’humiliation et la mort de Jésus est tout à fait contre-intuitif.

Jusqu’à notre conversion qui nous permet de reconnaitre le Christ ressuscité au moment où il rompt et partage le pain.

Mais voilà qu’aussitôt reconnu, Jésus disparaît, nous dit la 2ème partie du verset 31.

S’il disparaît tout de suite après avoir été reconnu c’est parce qu’il est le Christ présent, non pas physiquement mais spirituellement, au milieu de nous.

C’est spirituellement que le Christ se révèle aux hommes, c’est spirituellement que nous le reconnaissons.

Je m’explique : ce qu’il nous est demandé de comprendre, c’est que la présence de Jésus n’est pas limitée à sa personne physique.

Heureusement ! Car, nous ne serons jamais des témoins oculaires de Jésus.

Comment pourrions-nous reconnaître Jésus physiquement alors que nous ne l’avons jamais vu ?

En revanche, nous sommes des témoins auditifs.

Nous le reconnaissons dans sa Parole.

Comme les compagnons à Emmaüs, nous nous souvenons qu’il avait parlé du pain partagé comme la possibilité d’éprouver sa présence.

Non pas que le pain soit Jésus lui-même, mais parce que le pain partagé en communion les uns avec les autres, est le signe de sa présence.

Ce sera le cas tout à l’heure lorsque  nous aussi nous partagerons le pain et le vin autour de la table de communion.

Voilà pourquoi lorsque les disciples font route vers Emmaüs avec Jésus, ils ne le reconnaissent pas, parce qu’il n’a plus l’apparence de Jésus de Nazareth, mais celle du Christ Ressuscité qui prend souvent des formes ou des aspects variés.

Par exemple, celles des personnes qui œuvrent pour apporter davantage de justice, ou comme des gestes remplis d’attention.

C’est certainement le cas ce matin des bénévoles de l’association d’Entraide de la paroisse qui ont apporté un soin particulier à la préparation du repas organisé par le CASP (Centre Action Social Protestant) qui œuvre pour accompagner les plus démunis de nos frères et de nos sœurs.

Mais je crois aussi, qu’il disparaît pour que nous prenions notre responsabilité de témoins.

Si le Seigneur ouvre nos yeux, ça n’est pas pour que nous restions dans notre coin, mais pour que nous partagions la Bonne Nouvelle de la présence de Jésus Christ dans nos vies.

Nous avons confiance que le Ressuscité continue de vivre encore en nous, avec nous et autour de nous.

Dans ce récit, ça n’est pas seulement Jésus que nous voyons ressusciter. D’ailleurs, Rien dans le texte ne nous décrit le processus de sa résurrection.

En revanche, ce passage décrit la résurrection des 2 compagnons. Et donc la nôtre.

En effet, en grec les termes pour dire la résurrection signifient à la fois : se réveiller ou se mettre debout.

Les disciples qui se sont réveillés, dont les yeux se sont ouverts, se lèvent alors

et refont la route d’Emmaüs vers Jérusalem pour partager avec les Onze et les autres, restés à Jérusalem, la Bonne Nouvelle de la présence de Dieu dans leur vie.

 

Nous comprenons mieux maintenant ce qui est arrivé à ces 2 compagnons :

1/ Ils sont passés d’une conversation sans issue, à une conversion libératrice.

2 / Alors qu’ils étaient envahis par la déception et l’incompréhension, ils sont maintenant habités par la nécessité de la proclamation de la Bonne Nouvelle.

3/ De disciples de Jésus, ils sont devenus témoins du Christ Ressuscité.

La Parole et le Pain partagés les ont fait se lever et retourner à Jérusalem. C’est une résurrection et une conversion

Ils rebroussent chemin.

Leur rencontre avec le Ressuscité change la direction prise : ils retournent vers l’Est, vers le soleil levant.

 

 

Dans nos vies, combien de fois avons-nous emprunté la route entre Jérusalem et Emmaüs ?

Combien de fois avons-nous connu l’impasse, la souffrance et le deuil ?

Comme il nous en faut parfois du temps pour reconnaître Jésus dans nos vies,

car c’est souvent dans l’après-coup que nous reconnaissons la présence de Dieu sur nos chemins.

Ce récit nous invite à notre tour à entrer dans l’espérance de Pâques,

à faire et refaire nos premiers pas dans la Foi.

A vivre avec la confiance d’être en Dieu,

dans la grâce de l’amour que le Christ nous manifeste dans sa Résurrection, avec un grand R.

Lorsque nous nous relevons de nos épreuves, de nos difficultés, nous ressuscitons nous aussi, avec un petit r.

Ce récit nous appelle à retourner nos pas du découragement vers la vie.

Même si, nous le savons bien, le relèvement ne se fait pas en un jour.

Il y aura des moments heureux suivis de moments de découragement et de désespoir.

Mais, comme nous le dit le Deutéronome au chapitre 30,

« J’ai mis devant toi la vie et la mort, choisis la vie afin que tu vives. »

 

Ce matin, c’est à vivre que nous sommes appelés : alors reprenons, nous aussi, la route d’Emmaüs vers Jérusalem ! Amen.

 

 

Juliette Thin, avril 2026

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